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Publié par Gab

Très souvent ignorée, parfois même taboue, la solitude des PNC est une réalité qui nous affecte tous à un moment ou l’autre. J’avais envie d’aborder ce sujet depuis très longtemps, puisque je pense que c’est un aspect négligé des effets psychologiques liés à la pratique de notre métier, et qu’il est très difficile d’admettre se sentir seul quand on exerce une si belle profession. Le PNC est toujours accompagné dans l’exercice de ses fonctions, mais pas forcément soutenu.

Être seul, se sentir seul, telle est la question.

Une symbiose d’équipage qui ne prend pas, par exemple, est psychologiquement très lourd (un équipage, c’est comme une mayonnaise: ça prend rapidement, ou ça râte complètement). Prenez des différences culturelles trop fortes entre PNC, une différence d’ancienneté ou d’âge flagrante entre membres d’équipage, ou tout simplement des personnalités et centres d’intérêts opposés, et ce n’est pas seulement le vol qui sera plus difficile à assurer (CRM, mon amour...) mais toute l’escale qui peut se transformer en calvaire.

Nous sommes tous différents, certaines personnes peuvent passer 3 jours sans aucun contact avec leurs collègues et se sentir très bien ainsi; d’autres en souffriront mais préféreront ne pas se forcer. Pour d’autres individus, la solitude n’est à peine envisageable que dans l’initimité de la nuit, dans un lit toujours trop froid. Ceux-là se mêleront à leurs collègues coûte que coûte, quitte à participer à des activités qui ne les intéresse pas.

J’ai la chance de passer parfois des escales à me tordre de rire, à partager des moments incroyables avec des collègues devenus des amis, ces personnes avec qui les pires galères deviennent des souvenirs merveilleux. En revanche, j’ai aussi connu des vols et escales isolée, seule. Ajoutez à cela la fatigue, des difficultés personnelles, familiales, des soucis de santé, et la solitude prend une autre dimension. Le besoin alors d’entendre la voix rassurante d’un proche ou le rire d’un ami s’écrase contre le décalage horaire. Il est 3 heures du matin en France, je ne peux pas réveiller les copains qui bossent toute la semaine pour leur dire que je m’ennuie à New-York.... Indécent.

Profiter des jours de repos semble alors la meilleure solutions pour prendre le temps de vivre, de faire du sport, de prendre un verre entre amis, mais le rythme de travail des PNC ne cesse d’augmenter, et il arrive qu’entre deux vols nous ayons à peine le temps de laver notre linge et lire notre courrier, je ne parle même pas des collègues qui ont des enfants... Quid de la jeune hôtesse de l’air originaire de province, qui vient de s’installer à Paris dans une minuscule chambre de bonne et qui ne connaît personne dans la région? Comment affronter la solitude chez soi, même et surtout, quand on est tellement entouré au travail ?

Ce post n’a pas vocation à s’apitoyer sur le sort des PNC, ni le mien en particulier. Nous exerçons un métier de passion que nous aimons, mais dont l’image est bien souvent erronée. Du paradoxe de la parade aéroportuaire en équipage pour rejoindre l’appareil, aux heures sombres passées seul(e) dans une chambre d’hôtel...

La solitude du PNC
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